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Nom de famille des enfants abandonnés

miclamb
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Bonjour
mon AAGP est un enfant trouvé à Grenoble le 5/08/1812 :
"Le six août mil huit cent douze, par devant nous, ... constatant la naissance de Mathias LAMBERTIN, né depuis environ un jour, trouvé à Grenoble hier à neuf heures du soir, exposé près de la porte de la Graille... présenté par le sieur Joseph Da Costa, capitaine à la légion portugaise et Marie Tivolier..."

Or, ce capitaine en avait également trouvé au moins un autre... (je n'ai pas feuilleté tout le registre mais les enfants naturels et trouvés doivent être presque majoritaires dans cette ville de garnison sous l'Empire).

Quelqu'un pourrait-il me dire comment le choix du nom a été décidé ou ne s'agirait-il pas d'un enfant d'un soldat Lambertin, décédé, par exemple, ou d'une cantinière?

chrisol
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Ma recherche sur les enfants trouvés mène inévitablement à cette question '( comme vous tous) : Pourquoi ces Noms.,
Après avoir étudié sur 15 ans (entre 1817 et 1833) tous les noms des enfants abandonnés à l'hospice de Marmande et avoir effectué des recherches sur la législation en cours en l'époque... il n'y a pas UNE réponse claire.... Mais, tout de même, quelques explications à l'attribution de ces noms :
Voici un extrait de mon étude ("A la Recherche des noms perdus des enfants trouvés") à ce sujet :

...."La loi du 11 germinal an XI (01 avril 1803) interdisait de donner à l'enfant d'autres prénoms que les noms en usage dans les différents calendriers et ceux des personnages connus dans l'histoire ancienne.

Les officiers de l'état civil ne devaient pas en admettre d’autre dans les actes de naissance.
Ainsi un certain nombre d’instructions ministérielles, envoyées aux Préfets, définissaient un cadre strict concernant l’attribution de leur état civil d’après les articles 55 et 58 du code napoléonien, spécifiques aux enfants trouvés.

Le 8 février 1823, le Comte de CORBIERES, Ministre de l’Intérieur dans une instruction générale concernant l'administration et la comptabilité des hospices, des bureaux de bienfaisance et des enfants trouvés rappelait, entre autres que :

« Les noms donnés à chaque enfant doivent être tels, que, s'il n'y en a que deux, le premier soit considéré comme nom de baptême, et l'autre devienne, pour l'enfant qui le reçoit, un nom de famille transmissible à ses propres descendants.
Pour le choix du nom de baptême, on doit suivre les usages et les règles ordinaires. L'enfant doit être baptisé et élevé dans la religion de l'État, sauf les exceptions qui seraient autorisées pour certaines localités.
Quant au nom de famille, il faut avoir soin de ne pas donner le même nom à plusieurs enfants, et éviter de leur donner des noms connus pour appartenir a des familles existantes.
Il faut donc chercher ces noms soit dans l'histoire, soit dans les circonstances particulières à l'enfant, comme sa conformation, ses traits, son teint, le pays, le lieu où il a été trouvé, en rejetant toutefois les dénominations qui seraient ou indécentes, ou ridicules, où propres à rappeler en toute occasion que ceux à qui on les donne sont des Enfants trouvés. »

Fort est de constater que ce vœu pieux et généreux du législateur et du politique de ne point marquer au fer rouge l’enfant trouvé par un nom révélant son (manque) origine, ne sera point suivi d’effets, d’autant que le port du collier imposé quelques années plus tard rajoutera un signe distinctif et stigmatisant supplémentaire.

De l’étude des 1135 noms attribués aux enfants trouvés de l’Hospice de Marmande, entre 1817 et 1835, 5 catégories se distinguent
- Les noms relatifs à la  religion : noms des Saints, de l’histoire religieuse (Bible, ancien testament…) (36,2%)
- Les noms relatifs à l’histoire, la littérature  (3%)
- Les noms relatifs à la Nature, à l’environnement quotidien (arbres, fleurs, fruits, animaux, mois, jours, métiers, lieux…) (22,6%)
- Les noms relatifs à des traits distinctifs de l’enfant (physiques ou liés aux conditions de recueil de l’enfant ou son caractère…) (19,2 %)
- Une catégorie indéterminée (19%) où malgré toutes les recherches entreprises, leur signification reste obscure.

Pour les prénoms, les Sœurs de la Charité suivaient les consignes en recourant aux prénoms des saints du calendrier en vigueur…
Sauf que contrairement à l’usage de cette époque, ce ne sont pas les Marie, Pierre, Catherine, Jeanne qui étaient les plus utilisés….
Elles avaient tendance à leur attribuer des prénoms de saints peu usités qui ne faisaient, eux aussi, que souligner l’origine douteuse de ces enfants.
Pour preuve, mon ancêtre Aure MIRTILLE était bien la seule à porter ce prénom dans le Lot et Garonne…ce qui expliqua (peut-être) que tout au long de sa vie son identité eut été systématiquement massacrée par tous les officiers d’état civil et de recensements.
Et que dire des Prosper, Maximilien, Désiré, Ignace, Godefroy, Orsise, Magloire, Cézarine, Télésphore, Euphémie, Nicète, Odon, Pothin, Elzear, Bibiane, Scolastique, Apolline… !
Et même ces prénoms communs de nos jours comme : Brigitte, Sylvie, Sophie, Nathalie, Sabine ne manquaient pas d’attirer l’attention car ils n’étaient pas du tout d’usage commun dans cette première moitié du  XIXème siècle....


Il semble d'ailleurs que ces dispositions s'étendirent dans l'ensemble de l'Europe Napoléonienne, comme en témoigne les recherches de  Jean Marie QUARESME (qui s’est lui-même appuyé sur un article de Guy Brunet, Professeur de démographie et d'histoire des populations à l'université Lumière de Lyon II  dans  " La revue française de Généalogie et d'histoire des familles" - n° 174, février-mars 2008. )


...."Lors des guerres napoléoniennes au début du XIXème siècle, le code napoléonien fut répandu dans tous les territoires annexés par les Français.

Ainsi, Jean Marie QUARESME, à partir d’une étude extrêmement fouillée sur les enfants trouvés, à Namur, au XIXème siècle,* rapporte les éléments suivants sur son site :
« http://genealogie.qjeanmarie.be/nom_des_enfants_trouves.html » :

«… à partir du mois d'avril 1812 les listes établies par l'administration communale commencent à utiliser à la fois le double prénom ou des noms extraits du  Grand Dictionnaire historique ou mélange curieux de l'histoire sacrée et profane de Louis MORERI (1643-1680) publié à Lyon en 1671, œuvre en 10 volumes de 400 à 500 pages chacun.
Des noms parfois bizarres mais fabuleux comme le précise le frontispice de la première page : « Il contient en abrégé, les vies et les actions remarquables des patriarches, des juges, des rois des juifs, des papes ... des empereurs, des rois, des princes illustres, & des grands capitaines ... l'établissement et le progrès des ordres religieux & militaires, & la vie de leurs fondateurs : les généalogies de plusieurs familles illustres de France & d'autres païs. L'histoire fabuleuse des dieux, & des héros de l'antiquité payenne : La description des empires, royaumes, républiques ... avec l'histoire des conciles généraux & particuliers, sous le nom des lieux où ils ont été tenus, l'histoire des grands savants et des grands écrivains,... »

Pour les prénoms, les officiers de l'état civil recevaient également une liste pré-établie et répartissaient les prénoms de manière équitable.
Ils ne correspondent pas aux prénoms utilisés à l'époque : Claire, Reine, Cécile, Barbe, Christine, Sophie, Louis, Charles, Philippe, Léandre, Xavier, Godefroid, Faustin, Loup, Basile, Patrice, Janvier, Côme, Médard, Thimothée.... »

Jean Marie QUARESME précise qu’à Namur, ce dictionnaire de MORERI fut abandonné en 1846 et remplacé par la Biographie Universelle Ancienne et Moderne des Editions Michaud.
Cette Biographie, ou « Histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits,
leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes
de Louis-Gabriel MICHAUD »,  fut utilisée, quant à elle, jusqu’en 1960.



Il n'en demeure pas moins que ce que vous relatez sur Grenoble est fort intéressant, surtout concernant les circonstances de la découverte de l'enfant et des personnages qui en sont les acteurs....

Solange
*

miclamb
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Bonsoir et merci pour votre réponse très documentée.

Il y a aussi une autre énigme intéressante concernant la même personne :
Mon ancêtre a donc été prénommé Mathias, qui est une forme francisé du prénom allemand Matthaüs. (qui, soit dit en passant, veut dire "don de Dieu" en hébreu!)
Il s'est marié avec ce prénom mais, à la naissance du premier enfant, il se prénommera désormais Pierre ! Mathias aurait-il une consonance trop germanique sous Louis-Philippe? Ou peut-être trop luthérienne. En effet, il est devenu cantonnier et, sous la Restauration et la Monarchie de juillet, il est probable que pour obtenir ce genre d'emploi, il valait mieux être baptisé d'un prénom plus "vieille France".

Michel

galbous
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Bonsoir,
J'ai également dans mes aïeux une personne abandonnée dans la cour de l'hôpital de Grenoble (en 1821) pour laquelle je cherche à comprendre la raison pour laquelle on lui a donné le nom que je porte (Mon nom est celui d'un petit village de l'Ardèche situé à 120km de Grenoble).
Selon son dossier le prénom était inscrit sur un papier glissé dans ses vêtements mais rien n'est indiqué pour le nom ; à l'époque aucun membre de ma famille n'habitait Grenoble ou ses environs.
La seule explication que je peux éventuellement envisager c'est que l'employé a donné le nom de son propre village d'origine (ou un village qu'il connaissait pour une raison ou une autre) ?
Peut-il y avoir d'autres explications ?

miclamb
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Effectivement, ce n'est pas simple mais on peut néanmoins penser que rares ou très peu nombreux étaient les gens qui connaissaient Alboussière à cette époque, depuis Grenoble. Donc il y a des chances pour que la personne qui a donné ce nom :
- l'ait choisi au hasard en prenant une liste des départements et des communes (?)
- était d'origine ardéchoise (nostalgie ?)
- connaissait secrètement e père ou la mère, natifs d'Alboussière (la reconnaissance étant impossible : décès, expatriation etc..)

chrisol
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A Michel
Bonsoir,
Le changement de prénom est très fréquent dans ma région (Sud Ouest) que les enfants soient trouvés ou pas.
Je suis tentée de penser que c'est très courant ailleurs aussi, car quand on sait que le prénom de naissance est traditionnellement  celui du parrain ou de la marraine (selon le sexe de l'enfant)... en réalité dans un village, dans une région, tout le monde se trouve affublé d'une série de prénoms très limitée ...

D'ailleurs il était fréquent dans la même famille d'avoir plusieurs enfants avec le même prénom. Aussi, au quotidien, un prénom d'usage était donné quasi systématiquement.
Ce fait est souvent révélé dans les actes notariés où le prénom officiel et le prénom dit "en famille" sont cités tous les deux...

Consernat plus spécifiquement les enfants trouvés, il est fréquent aussi qu'ils se "déchargent" encore plus facilement de ce prénom attribué, et qui par leur étrangeté rappelle leur statut d'enfant abandonné...
Solange.

chrisol
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re- à Michel
Effectivement toutes vos hypothèses sont pertinentes :D
Solange

miclamb
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à Solange
Oui, on changeait de prénom pour les raisons que vous indiquez.

Dans le cas de mon ancêtre, la probabilité que le contexte historique intervienne n'est pas non plus négligeable : se prénommé Mathias (et non Matthieu), sous l'Empire n'a pas d'importance, tant le territoire recouvre des origines diverses. Sa naissance se situe donc entre les victoires de Wagram et de Smolensk.Par ailleurs, Lambertin étant un nom d'origine germanique, le prénom Mathias semble en harmonie !
De même, sous la monarchie de juillet, lors de son mariage, il est seulement journalier, (ces gens qui allaient de jour en jour à la recherche d'un travail) et son prénom ne doit pas trop causer d'ennui et apparemment la belle-famille n'a pas exigé un (nouveau?) baptême. Du reste, la Monarchie de Juillet ne reconnait plus le catholicisme comme religion d'état.
C'est après qu'il change de prénom et devient cantonnier d'un bourg à côté de Grenoble. C'est probablement là qu'il faut voir une relation de cause à effet : la mairie de cette commune exigeait-elle ou, du moins, conseillait-elle, un certificat de baptême pour avoir ce "job"? Là est la question...
Michel

miclamb
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à Solange,
Plus j'avance dans mes recherches et... plus j'ai d'énigmes !

Énigme 1
À Grenoble
En 1803 naît Marie, Agathe, Adrienne LAMBERTIN, fille de LAMBERTIN Joseph, François (et de CALIN Catherine, Laurence)
En 1812 naît Mathias LAMBERTIN, enfant trouvé (mon ancêtre)
En 1817 naît Marie LAMBERTIN, enfant trouvé
En 1825 naît Joseph LAMBERTIN, enfant trouvé
En quelques années, on donne, dans la même ville, à 3 enfants, le nom de famille d’une personne qui existe et qui doit être connu administrativement, puisque figure la mention : « propriétaire » pour Joseph-François.
Puis, on donne, en 1817, le même prénom que Marie-Agathe qui a 14 ans !
De même, on donne, en 1825, le prénom  du père de Marie-Agathe-Adrienne, qui a 22 ans. Là il y a un billet indiquant qu’il est baptisé et qu’il se prénomme Joseph… Certes, ce Joseph pourrait être le fils naturel de cette Marie, mais ça n’explique pas l’autre Marie et encore moins Mathias !

Énigme 2
En 1812, à Grenoble, sur 1007 naissances, il y a plus de 180 enfants trouvés et plus de 130 enfants naturels. Jusqu’en juillet, ils ont tous comme NOM, un prénom (masculin pour les garçon, féminin pour les filles !) : Blanche Clotilde; Prosper André. Il y a même un Blaise Pascal ! Mais, dès juillet, on commence à trouver des NOMS ayant moins ou plus du tout cette connotation, cas de mon ancêtre mais surtout, figurent de plus en plus des billets indiquant le prénom de l’enfant, voire le nom (beaucoup plus rare).

Énigme 3 (qui est peut-être la clé…)
Toujours à Grenoble et toujours pour l’année 1812
En Février, le lieutenant Da Costa de la Légion portugaise (en garnison à Grenoble) amène un enfant trouvé.
Le 5 Août, le capitaine Da Costa (il a pris du galon) toujours de la Légion portugaise, amène un enfant, avec l’accoucheuse, et on connaît le nom de la mère, donc enfant naturel.
Le 6 Août, le Capitaine Da Costa amène, avec une dame dont on ne donne pas la profession, Mathias LAMBERTIN, mon ancêtre…

Qu'en pensez-vous?

Michel

nbernad
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Bonsoir,
éviter de leur donner des noms connus pour appartenir a des familles existantes.[/u]
Il faut donc chercher ces noms soit dans l'histoire, soit dans les circonstances particulières à l'enfant, comme sa conformation, ses traits, son teint, le pays, le lieu où il a été trouvé, en rejetant toutefois les dénominations qui seraient ou indécentes, ou ridicules, où propres à rappeler en toute occasion que ceux à qui on les donne sont des Enfants trouvés. »
Merci Solange pour ces précisions  :D
Je vous présente un exemple de nom qu'on ne risque pas, il me semble, de trouver facilement dupliqué
-Gabriel MOUF, enfant déposé le 10/12/1724 à Béziers
Gabriel MOUF a "atterri" à Coupiac, dans l'Aveyron où il s'est marié en Février 1855; son fils né 2 mois plus tard s'appelle aussi MOUF (Gabriel Philibert)
Puis Gabriel Philibert meurt le 07/10/1858
De MOUF il est devenu MOULS et son père aussi (père qui déclare le décès de sa femme le 21/11/1858 aussi sous le nom de MOULS)
Je perd la trace du père MOUF-MOULS à ce moment-là....
Or, des MOULS en Aveyron...il y en a dans tout le sud-aveyron depuis bien avant le XIXème
Finalement, le besoin de ne pas mélanger par un nom les familles "honorables" et les enfants "sans famille" a peut-être échoué par glissement d'un nom peu commun vers un nom plus "reconnu" par les locaux
J'aimerais bien savoir ce qu'est devenu Gabriel MOUF ou MOULS........ ::)

Nadine
Anexos
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Nadine

"Si la vie est éphémère, le fait d'avoir vécu une vie éphémère est un fait éternel. ": Vladimir JANKELEVITCH

nbernad
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Et bien je le retrouve en 1864 au même endroit; il a un nouveau fils Gabriel Célestin Antoine MOUS de sa nouvelle épouse Jeanne Mialet  ;)
Il s'est marié le 25/01/1863 sous le nom de MOUS....à Coupiac
Nadine

"Si la vie est éphémère, le fait d'avoir vécu une vie éphémère est un fait éternel. ": Vladimir JANKELEVITCH

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Nadine

"Si la vie est éphémère, le fait d'avoir vécu une vie éphémère est un fait éternel. ": Vladimir JANKELEVITCH

pbbontemps
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Bonjour,

J'ai découvert par hasard grâce à ce site que mon aïeul, Juxta Justin Appolinaire, n'a pas été le seul à hériter de ce nom de famille le 23 juillet 1846 à Parthenay (79) :
Déclaration faite par Soeur Sainte Léocadie, religieuse hospitalière, supérieure de l'hospice de Parthenay, âgée de 61 ans. Elle l'a trouvé dans la tour de l'hospice à 2 heures du matin le 24 juillet, enveloppé de deux langes d'étoffe, un bleu et un gris, habillé d'une brassière d'indienne, fond brun, d'un mouchoir rouge à carreaux, d'un bonnet d'indienne fond rouge, doublé de flanelle et garni d'un tulle noir, d'une chemise de calicot, le tout sans marque. Témoins : LAURENT Jacques, concierge de la mairie, 58 ans, MAYNARD Georges, agent de police, 58 ans."

On peut trouver aussi sur Généanet : gw.geneanet.org/m661?n=appolinaire&oc=&p=jules+jutar

Etrange concordance de nom et de prénom ! Non ?

Alors une rapide recherche me fait découvrir que de l'autre côté de l'hexagone, quelques années avant un Pierre Apollinaire avait été abandonné à Montbrison (42) le 26 juillet 1836.

Coïncidences ? vraisemblablement, mais si vous avez connaissance d'autres cas d'enfants abandonnés à qui on a donné aussi ce nom d'Appolinaire, n'hésitez pas à m'en faire part  :)

chrisol
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Bonjour,
Il était d'usage pour les Sœurs (ou les officiers d'état civil... mais généralement c'étaient les Sœurs qui inscrivaient les enfants sur le registre prévu à cet effet depuis 1809 dans les hospices et elles allaient ensuite faire la déclaration officielle à la mairie) qui recueillaient les enfants dans les hospices de leur attribuer 2 "noms" faisant office de "nom" et "prénom". J'ai étudié près de 1500 "noms" attribués à ces enfants entre 1827 et 1833 à Marmande (47) et j'ai été amené à comparer avec plusieurs études effectuées en Belgique, Bretagne.... Il s'avère qu'il existait des consignes très précises : ces noms devaient, d'une part, ne pas rappeler le patronyme de gens de la région et d'autre part, être inspirés par l'histoire, la religion, la géographie, .... d'où les Jules César, Ovide, Tite Live, ou les noms des saints, ou les noms issus de lieux comme Poitou, Paris, Melun...., ou concernant le lieu de la découverte de l'enfant (panier, tapis....), ou des fruits, des fleurs, des animaux.... Apollinaire faisait à l'époque tout simplement référence à la mythologie grecque (Apollon) ou à deux grammairiens grecs Apollinaire Le vieux et Apollinaire Le Jeune.... puisque de toute façon en 1846 le poête Guillaume Apollinaire n'était pas encore né. Donc, il n'est pas inhabituel de découvrir en d'autres lieux de ces "noms" inhabituels" identiques.... D'ailleurs, peut être que tout simplement une des Sœurs de l'Hospice de Parthenay avait séjourné auparavant à l'Hospice de Montbrison.... et appréciait particulièrement ce "nom" pour l'attribuer dans 2 lieux différents. A l'hospice de Marmande, j'ai réussi à retracer le parcours de deux Sœurs : l'une originaire du Gard, qui est partie lors de la Révolution avec les immigrés aristocrates en Pologne, puis est revenue après la Révolution à Marmande, puis Agde, puis Paris. Une autre, née à Béziers, a voyagé de Boulogne, à Rochefort, Bordeaux puis Marmande. Quand on sait qu'il pouvait y avoir une centaine d'enfants abandonnés par an..... il fallait faire preuve de beaucoup d'imagination pour attribuer chaque fois des noms nouveaux. Aussi, il arrivait que des doublons existent ....

pbbontemps
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Merci pour cette réponse très documentée.

Bien cordialement

Philippe Bontemps

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